Le 23ᵉ Congrès International et Exposition de l’AAEA s’est ouvert à Yaoundé sous le signe de l’action et de la responsabilité collective
Le Palais des Congrès de Yaoundé a accueilli ce lundi l’ouverture officielle du 23ᵉ Congrès international et Exposition de l’Association africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA), un rendez-vous majeur du secteur WASH en Afrique. L’événement réunit environ 2 000 participants venus de 52 pays, parmi lesquels des ministres, des dirigeants d’institutions panafricaines, des responsables d’opérateurs publics, des partenaires techniques et financiers, des experts, des chercheurs et des acteurs du secteur privé.
Placée sous le thème « Eau et assainissement pour tous : des actions fortes pour l’Afrique », cette édition s’inscrit dans un contexte d’urgence hydrique, climatique et démographique, à quelques années de l’échéance de l’Agenda 2030 et de l’Objectif de développement durable n°6.
L’eau, un choix de société
Dans son discours d’ouverture, le Directeur Exécutif de l’AAEA, M. Olivier Gosso, a livré une réflexion profonde sur la portée politique, sociale et humaine de l’eau. « L’eau ne connaît ni frontières politiques, ni agendas institutionnels. Elle obéit à nos choix, pas à nos discours », a-t-il souligné, rappelant que là où l’eau est bien gouvernée, les sociétés prospèrent, et là où elle est négligée, les fragilités s’accumulent.
Insistant sur la situation africaine, il a rappelé que plus de 400 millions d’Africains n’ont pas accès à un service d’eau potable géré en toute sécurité, près de 800 millions sont privés de services d’assainissement, et qu’un Africain sur trois vit dans des zones soumises à un stress hydrique élevé. Face à ces chiffres, il a appelé à dépasser les diagnostics pour entrer dans « le temps des décisions courageuses, des investissements structurants et de la coopération renforcée ».
Un engagement fort du Cameroun
Au nom du pays hôte, les autorités camerounaises ont réaffirmé leur engagement en faveur du secteur. Le Président de l’AAEA et Directeur général de la Cameroon Water Utilities Corporation (CAMWATER), Dr Blaise Moussa, a salué la vision et le soutien constant du Président de la République du Cameroun, Son Excellence Paul Biya, qui a autorisé et accompagné l’organisation de ce congrès continental.
Il a mis en lumière plusieurs projets structurants majeurs, notamment le projet PAEPYS pour l’alimentation en eau potable de Yaoundé, la construction d’infrastructures de grande capacité à Douala, les programmes d’extension des réseaux, les bornes-fontaines publiques, ainsi que des investissements de grande ampleur soutenus par l’État et la Banque mondiale. Autant d’initiatives qui traduisent, selon lui, « une volonté politique claire de faire de l’eau un levier de développement, de cohésion sociale et de dignité humaine ».
Le rôle central des institutions panafricaines et des partenaires
Représentant la Banque Africaine de Développement (BAD), M. Mtchera Chirwa, Directeur du Département de l’Eau et de l’Assainissement, a souligné que 2026 sera une année charnière pour le secteur de l’eau en Afrique, désignée par l’Union africaine comme « Année de l’eau ». Il a annoncé que la BAD prévoit d’investir environ un milliard de dollars dans le secteur en 2026, dont une part significative destinée aux opérateurs et aux collectivités, tout en appelant à améliorer la préparation des projets et la performance des services.
De son côté, le Président de l’AMCOW, Dr Cheikh Tidiane Dièye, également Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement du Sénégal, a salué la complémentarité entre l’AMCOW et l’AAEA. Il a présenté la Vision africaine de l’Eau 2063, adoptée par les ministres africains chargés de l’eau, comme un cadre stratégique continental visant une gouvernance intégrée, une mobilisation accrue des financements et une utilisation de l’eau comme levier de développement économique et social.
Gouvernance, financement et innovation au cœur des débats
Dans son allocution, le Ministre camerounais de l’Eau et de l’Énergie, M. Gaston Eloundou Essomba, a rappelé que l’accès à l’eau et à l’assainissement n’est plus uniquement une question technique, mais un marqueur de gouvernance et de solidarité collective. Il a appelé à des stratégies africaines concertées, fondées sur le leadership politique, la performance des opérateurs, la transparence et des partenariats équilibrés.
Un Congrès tourné vers l’action
Au-delà des discours, ce 23ᵉ Congrès se veut un accélérateur de décisions, un espace de partenariats et un laboratoire de solutions africaines. En ouvrant officiellement les travaux, les différents intervenants ont lancé un message clair : l’accès universel à l’eau et à l’assainissement est une responsabilité collective et une nécessité historique. Les échanges, panels et rencontres prévues tout au long de la semaine devront permettre de transformer les engagements en actions concrètes, au service des populations africaines.
Le 23e Congrès International et Exposition de l'AAEA se poursuit jusqu'au vendredi 13 février 2026.